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تونس با تعلل نخبگان سیاسی خود تضعیف شده است [--، لوموند (فرانسه)، 29 ژوئن 2019] (اداره کل رسانه های خارجی، مترجم: سیده هاجر محسنیان)

153771  ۱۳۹۸/۰۴/۱۱
آیا تونس دمکراتیک نوپا بسیار از آنچه که به نظر می رسد آسیب پذیر تر است؟ روز پنجشنبه بیست و هفتم ژوئن دو حمله انتحاری در پایتخت باعث مرگ یک مامور پلیس و مجروح شدن هشت نفر شد.در همان روز باجی قائد سبسی، رئیس جمهور 92 ساله، ناگهان به علت «بیماری شدید» در بیمارستان بستری شد. نخبگان سیاسی تونس با تعلل در حل بحران سیاسی کشور در معرض این سوء ظن قرار دادند که در سعی می کنند تا برخی مصونیت ها را برای خود حفظ کنند. اکنون مردم تونس نخستین قربانی این سهل انگاری محسوب می شوند.

تونس به علت سهل انگاری نخبگان سیاسی خود تضعیف شده است
در حالی که کشور تونس در معرض حملات انتحاری قرار دارد، بستری شدن رئیس جمهور مشکلات جدی در روند «انتقال دمکراتیک قدرت» را که از پنج سال پیش آغاز شده است، آشکار ساخت.
آیا تونس دمکراتیک نوپا بسیار از آنچه که به نظر می رسد آسیب پذیر تر است؟ روز پنجشنبه بیست و هفتم ژوئن دو حمله انتحاری در پایتخت باعث مرگ یک مامور پلیس و مجروح شدن هشت نفر شد.
در همان روز باجی قائد سبسی، رئیس جمهور 92 ساله، ناگهان به علت «بیماری شدید» در بیمارستان بستری شد.
سال 2015به ویژه وحشتناک بود. مجموعه حملات به موزه باردو در تونس، پلاژ تفریحی سوس در شرق تونس و اتوبوس گارد ریاست جمهوری در مرکز پایتخت هفتاد و شش کشته از جمله چهار تروریست انتحاری بر جای گذاشت. از آن زمان تونس امنیت بی قید و شرط را دوباره به دست آورد شدیدترین حملات را پشت سر گذاشت، اگرچه داعش که مسئولیت همه این حملات را به عهده گرفت، تلاش کرد دوباره حمله کند.
محاسبات جزئی طرفداران
بستری شدن رئیس جمهور خطری با ماهیت دیگر را نشان می دهد، و نگران کننده است.
دومین انتخابات ریاست جمهوری و سومین انتخابات مجلس از «بهار تونس» در سال 2011  مطرح است.
اگر در مورد وضعیت جسمانی رئیس جمهور هشدار می دهند، به این علت است که ناتوانی احتمالي اداره کشور از سوی وی ممکن است کشور را در برابر خلاء خطرناک سیاسی قرار دهد.
در ضعف حقوقی نخبگان سیاسی فقط مسئولیت دارند. رئیس جمهور، دولت و احزاب سیاسی که در مجلس نماینده دارند به علت عدم تشکیل دادگاه قانون اساسی سرزنش می شوند.
آنها با تعلل خود را در معرض این سوء ظن قرار دادند که در سعی می کنند تا برخی مصونیت ها را برای خود حفظ کنند. اکنون مردم تونس نخستین قربانی این سهل انگاری محسوب می شوند.
منبع: اداره کل رسانه های خارجی

 

La Tunisie fragilisée par les atermoiements de son élite politique
Éditorial
Le Monde
Editorial. Alors que le pays a subi un double attentat-suicide, l’hospitalisation du président tunisien le même jour a mis en lumière les graves carences du processus de « transition démocratique », entamé il y a cinq ans.
Publié le 29 juin 2019 à 11h27 Temps de Lecture 2 min.
Editorial du « Monde ». La coïncidence est purement fortuite mais elle a fait souffler à Tunis un vent d’inquiétude. La jeune Tunisie démocratique serait-elle plus fragile qu’il n’y paraît ? Jeudi 27 juin, un double attentat-suicide dans la capitale a causé la mort d’un policier et blessé huit personnes.
Le même jour, le président Béji Caïd Essebsi, âgé de 92 ans, était subitement hospitalisé pour « malaise grave ». De ces deux mauvaises nouvelles, les Tunisiens s’alarment de la seconde plus que de la première. C’est qu’ils ont déjà connu bien pire en matière d’attentats.

L’année 2015 avait été particulièrement dramatique. La « série noire » des attaques contre le Musée du Bardo, à Tunis, contre une station balnéaire de Sousse, dans l’est du pays, et contre un bus de la garde présidentielle au cœur de la capitale avait fait un total de soixante-seize morts (dont quatre kamikazes). Depuis lors, la Tunisie a recouvré une incontestable sécurité. Le plus dur est passé, même si les fidèles de l’organisation Etat islamique (EI), qui ont revendiqué l’ensemble de ces attaques, tentent de frapper à nouveau de manière épisodique.
De mesquins calculs partisans
L’hospitalisation du chef de l’Etat présente un risque d’une tout autre nature, mais non moins préoccupant. Au palais présidentiel de Carthage, on s’efforce de rassurer l’opinion publique en laissant entendre que l’état de santé de M. Essebsi est en voie d’amélioration. Il faut l’espérer, pour la pérennité du processus démocratique tunisien, à quelques mois d’un double scrutin législatif et présidentiel.
Il s’agira de la seconde consultation présidentielle et de la troisième élection parlementaire depuis le fameux « printemps tunisien » de 2011. Autant dire que ce rendez-vous est crucial afin d’enraciner la démocratie en Tunisie, alors que la vague des révolutions arabes s’est soldée par des échecs partout ailleurs.
Si l’on s’alarme tant autour de la santé du président de la République, c’est parce qu’une éventuelle incapacité à gouverner de sa part pourrait placer le pays face à un périlleux vide politique. La Cour constitutionnelle, la seule instance habilitée à constater une vacance définitive du pouvoir et donc à encadrer juridiquement le processus de succession, n’a toujours pas vu le jour. La Constitution, adoptée en 2014, a pourtant déjà 5 ans d’âge.
Cette carence, due à de mesquins calculs partisans, est une faute politique doublée d’une faute morale. Elle entache et fragilise la « transition démocratique » tant célébrée à l’étranger. La Tunisie ne pourra prétendre devenir un Etat de droit digne de ce nom tant qu’elle sera dépourvue d’une instance de contrôle de la constitutionnalité des lois.
De cette infirmité juridique, l’élite politique du pays porte la seule responsabilité. Collectivement, le président de la République, le gouvernement et les partis politiques représentés au Parlement sont à blâmer pour avoir échoué à mettre en place la Cour constitutionnelle.
En tergiversant comme ils l’ont fait, ils s’exposent au soupçon de chercher à entretenir un flou juridique susceptible de maintenir certaines impunités. Comme si les turpitudes de l’ancien régime n’étaient toujours pas vaincues. La population tunisienne en est aujourd’hui la première victime


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