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آیا کشورهای عربی آرمان فلسطین را رها کرده اند؟[هوفنه آن بندیکت ، لاکروا(فرانسه)، 29 ژوئن 2020](اداره کل رسانه های خارجی؛ سیده هاجر محسنیان)

آیا کشورهای عربی آرمان فلسطین را رها کرده اند؟[هوفنه آن بندیکت ، لاکروا(فرانسه)، 29 ژوئن 2020](اداره کل رسانه های خارجی؛ سیده هاجر محسنیان)
بیست و پنجم ژوئن نخست وزیر اسرائیل از امضای توافق نامه «همکاری» علمی با امارات متحده عربی برای مبارزه با بیماری همه گیر کووید-19خبر داد. در آستانه اعلام الحاق احتمالی بخشی از کرانه باختری توسط اسرائیل ، برخی آن را نشانه دیگری از ترک شرطی می بینند که تا آن زمان توسط چندین کشور عربی برای "عادی سازی" روابط آنها با اسرائیل مطرح شده بود .

آیا کشورهای عربی آرمان فلسطین را رها کرده اند؟
1-بیست و پنجم ژوئن  نخست وزیر اسرائیل از امضای توافق نامه «همکاری» علمی با امارات متحده عربی برای مبارزه با بیماری همه گیر کووید-19خبر داد. در آستانه اعلام الحاق احتمالی بخشی از کرانه باختری توسط اسرائیل ، برخی آن را نشانه دیگری از ترک شرطی می بینند که تا آن زمان توسط چندین کشور عربی برای "عادی سازی" روابط آنها با اسرائیل مطرح شده بود .
2- جنگ شش روزه با گردهم آوردن ارتش های سوریه و مصر ، اردن و مراکش ، نشانگر هویت و همبستگی گذشته جهان عرب در برابر مساله فلسطین بود.
3- پس از پایان جنگ شش روزه این وحدت از هم پاشید. بازی دیپلماتیک در منطقه تغییر یافته است ، همانطور که تغییر موضع اردن در جنگ 1973 و سپس امضای توافق نامه کمپ دیوید بین مصر و اسرائیل نشان داده شده است. مساله فلسطین اولویت خود را از دست داد.
4- پایان دو قطبی شدن جهان و نیز راهبردهای مختلف سیاسی بین کشورهای عربی نقش مهمی را در این تحول داشته است. رقابت رهبری در جهان عرب این اختلاف نظر را تشدید کرده است. به تازگی، به ویژه ، راهبردهای ضد ترکی و ضد ایرانی  گسترش یافته است. در نهایت ، بهار عربی ترس از بی ثباتی رژیم ها کنونی را افزایش داده است.
5-. با توجه به این که با ظهور حماس وابسته به اخوان المسلمین و مورد حمایت ایران ، آرمان فلسطین با تندروترین جریان های اسلامی شناخته می شود، اکنون درگیری های داخلی بر  مخالفت با اسرائیل برتری یافته است.
6-.با توجه به این که بنیامین نتانیاهو  مطمئن نیست که در ماه نوامبر ، آمریکایی ها رئیس جمهور دیگری را انتخاب کنند که مطابق نظرات وی باشد،هیچ چیز خطرناکی نمی تواند از سوی جهان عرب روی دهد  و علاوه بر این ، وقتی روسیه سکوت می کند  و اتحادیه اروپا ابراز نگرانی می کند اما دچار تفرقه است، به نظر می رسد جهان با طرح الحاق بنیامین نتانیاهو موافق است.
7- این خطر وجود دارد که این طرح ، ناامیدی فلسطینی ها و اعتقاد آنها  را که راه حل دیگری جز مقابله وجود ندارد، شدت ببخشد و این تنش در نهایت به انفجار منجر شود.
8- پس از امضای توافق نامه های صلح توسط اسرائیل با مصر در سال 1979 سپس با اردن در سال 1994 حمایت در سطح سیاسی بسیار شدید بود. این حمایت در جمهوریهای عربی بیشتر از پادشاهی ها  بود. اردن ، که دو سوم از جمعیت آن اهل فلسطین اند. به حیاط خلوت اسرائیل تبدیل شد.
9- روابط نزدیک کشورهای حاشیه خلیج فارس با غرب ، هر گونه حمایت از فلسطینی ها به جز کمکهای بشردوستانه را غیرممکن می سازد. ، عربستان سعودی و امارات متحده عربی برای دستیابی به اهداف خود در یمن ،نمی توانند از حمایت دونالد ترامپ امتناع کنند. حتی قطر مراقب است تا در بازی حساس موازنه با واشنگتن نماند.
10- در واقع، با توجه به  تانوانی دائمی جهان عرب  در برابر اسرائیل و غرب،  وضعیت فلسطینی ها در جهان عرب مبهم است.
منبع: اداره کل رسانه های خارجی

Les pays arabes ont-ils abandonné la cause palestinienne ?

Le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a annoncé, jeudi 25 juin, la signature avec les Émirats arabes unis d’un accord de « coopération » scientifique, afin de lutter contre la pandémie de Covid-19. À la veille de la possible annonce par Israël de l’annexion d’une partie de la Cisjordanie, mercredi 1er juillet, certains y voient un signe supplémentaire de l’abandon de la condition posée jusque-là par plusieurs pays arabes pour « normaliser » leurs relations avec Israël : le règlement du conflit israélo-palestinien.

    La Croix le 29/06/2020 à 06:00 Modifié le 29/06/2020 à 08:00

La question israélo-arabe, puis israélo-palestinienne, a été le principal dénominateur commun des politiques étrangères des pays arabes jusqu’à la guerre de 1967, qu’ils soient conservateurs ou révolutionnaires, dans le camp soviétique ou américain. Réunissant les armées syrienne et égyptienne, jordanienne comme marocaine, cette guerre des Six Jours a manifesté l’identité de vue et la solidarité passées du monde arabe face à la question palestinienne.

Cette unité a commencé à se déliter dès l’échec de cette guerre. Le jeu diplomatique dans la région s’est modifié, comme l’a montré le revirement de la Jordanie à l’occasion de la guerre de 1973, puis la signature des accords de Camp David entre l’Égypte et Israël. La question de la Palestine perdait du même coup son caractère prioritaire.

Pourquoi cette évolution ? La fin de la bipolarisation du monde a joué, de même que la diversification des stratégies politiques entre pays arabes. À partir des années 1970, il est apparu que l’unité de façade cachait des différences importantes dans la nature des régimes en place et leur vision du monde. La course au leadership à l’intérieur du monde arabe a aggravé cette dissension. Plus récemment, en particulier, les stratégies anti-turques et anti-iraniennes ont pris de l’ampleur. Les printemps arabes, enfin, ont avivé les craintes de déstabilisation des régimes en place, jusqu’à servir de fondement aux nouvelles stratégies politiques et diplomatiques.

Désormais, les conflits internes l’emportent sur l’opposition à Israël. D’autant que la cause palestinienne est de plus en plus identifiée aux courants islamistes les plus radicaux, en raison de la montée du Hamas, lié aux Frères musulmans et soutenu par l’Iran.

Les planètes semblent alignées pour favoriser le projet d’annexion de Benyamin Netanyahou : il est revenu au pouvoir pour dix-huit mois ; il n’est pas sûr qu’en novembre, les Américains éliront un autre président aussi favorable à ses vues ; et le monde regarde ailleurs. L’expérience l’a installé dans la conviction que rien de dangereux ne peut venir du monde arabe et, par ailleurs, la Russie reste silencieuse quand l’UE fait part de sa préoccupation mais affiche ses divisions.

La diplomatie israélienne, qui fonctionne exclusivement sur le mode du rapport de force traditionnel, a toutefois un talon d’Achille : elle a coutume de négliger le risque d’une explosion de la « rue arabe », en particulier des Territoires palestiniens humiliés plus que jamais, en considérant que « les choses finiront par se calmer ». Mais l’année 2019 nous a rappelé que le social court plus vite que le politique, que les sociétés peuvent s’enflammer bien plus que ce que laisseraient penser les relations intergouvernementales. Le risque existe que ce projet aggrave encore le désespoir des Palestiniens, leur conviction qu’ils n’ont d’autre solution que l’affrontement et que cette escalade insensée mène finalement à l’explosion.

Parmi les populations des pays arabes, c’est dans les pays voisins que la sensibilité à la cause palestinienne est la plus prégnante. Historiquement, la Palestine fait partie du Bilad El-Cham (le Levant) avec le Liban, la Syrie et la Jordanie. C’est là que l’osmose est la plus forte : leurs peuples partagent les mêmes noms de famille, le même dialecte, les mêmes coutumes.

Dans les pays plus éloignés, l’attachement est plus virtuel : ceux du Golfe, notamment, sauf le Koweït, premier à avoir acquis son indépendance en 1961 et qui a beaucoup fait appel aux ingénieurs et techniciens palestiniens – dont Yasser Arafat – pour développer son industrie pétrolière.

Au Maghreb également, la sensibilité est moins vive, d’autant que ces pays avaient la particularité d’accueillir une communauté juive importante. Le Maroc a toujours gardé de bonnes relations avec Israël, et le président tunisien Bourguiba, même attaché à la cause palestinienne, n’a jamais considéré que la guerre était la solution pour régler le problème. Même les Égyptiens ont le sentiment d’avoir déjà suffisamment payé et considèrent les Palestiniens un peu comme des enfants gâtés.

Plus qu’au sein de la population, c’est donc surtout sur un plan politique que le soutien a été très fort parmi les « pays du refus », constitués après la signature d’accords de paix par Israël avec l’Égypte en 1979, puis avec la Jordanie en 1994. Il était toutefois plus marqué dans les Républiques arabes que dans les monarchies, à qui le nationalisme arabe des Palestiniens a toujours fait peur… La Jordanie, dont deux tiers de la population est d’origine palestinienne, est devenue une sorte d’arrière-cour d’Israël.

Mais une reconfiguration de la région est en cours. La proximité des États du Golfe avec l’Occident leur rend impossible tout soutien autre qu’humanitaire aux Palestiniens. Pour parvenir à leurs fins au Yémen, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ont fait appel aux États-Unis : ils ne peuvent aujourd’hui refuser à Donald Trump le soutien à son plan. Même le Qatar, qui fait vivre Gaza – ce qui arrange tout le monde –, prend garde à rester dans un subtil jeu d’équilibre avec Washington.

Le statut des Palestiniens dans le monde arabe est ambigu en réalité : ils constituent un rappel permanent de son impuissance face à Israël et à l’Occident. On a conscience d’être injuste et on crie d’autant plus fort sa solidarité que l’on sait qu’on ne va rien faire. Parler de « normalisation » à propos des relations entre certains pays comme les Émirats arabes unis et Israël est d’ailleurs abusif : il ne s’agit que d’inscrire sur le papier des choses qui existent déjà dans la réalité.

Si une annexion est annoncée le 1er juillet, c’est qu’Israël aura obtenu l’assurance qu’elle peut se faire. Il y aura des hauts cris, mais qui ne seront pas suivis d’effets, sauf sous la forme de dons financiers.

Recueilli par Anne-Bénédicte Hoffner

۱۰ تیر ۱۳۹۹ ۱۰:۵۷

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